L’Asexualité – Interview

L’asexualité est une orientation sexuelle qui correspond à l’absence ou très peu de désir sexuel (à ne pas confondre avec l’abstinence et avec le terme asexué).

1% de la population serait asexuelle

En gros, les asexuel.les ne ressentent pas le besoin d’avoir des relations sexuelles, et ce peu importe le genre de la personne avec qui iels sont potentiellement en couple. En effet je rappelle que orientation sexuelle n’est pas forcément égale à orientation romantique. Pour donner un exemple, une femme qui aime les hommes peut être asexuelle, tout comme une femme qui aime les femmes. Elles aiment toutes les deux, romantiquement, un genre différent, mais ont la même absence d’attraction sexuelle.

Mais comme je ne suis pas concernée par le sujet, je me suis dis pourquoi ne pas aller poser les questions à une asexuelle directement. Ça tombe bien j’en connais une. Du coup aujourd’hui interview, pour vous faire connaître un peu mieux ce que certains considèrent comme une absence d’orientation sexuelle.

⁃ Bonjour Kelly ! D’abord est-ce que tu trouves que la définition que j’ai donné est juste ?

Kelly: Hello, Yes !

« C’est comme penser à la météo »

⁃ Quand tu penses ou plutôt quand tu imagines le sexe qu’est-ce que ça t’évoque ?

K: Ça ne m’évoque pas grand chose. Moi ça ne me repousse pas, c’est pas négatif, mais c’est pas quelque chose qui m’attire. Tout ce qui m’attire, à la limite, ça va être ce qui est un peu sensuel (pas au sens sexuel du terme) comme les câlins. Mais dès que ça devient sexuel ça ne provoque plus rien. Quelque chose de sexuel que j’apprécie c’est vraiment juste dans la lecture ou les films. Mais si je pense à tout ce qui est sexe genre relations sexuelles avec quelqu’un ça ne me fait rien, c’est juste…là. C’est comme penser à la météo.

⁃ A quel moment tu t’es rendue compte que tu n’avais pas ce besoin de rapports que les personnes sexuelles ont ?

K: Je crois que j’avais 16-17 ans. J’avais mes premières expériences « sexuelles ». Je me rendais compte qu’à un certain moment, après les câlins et autre j’en avais marre. Je n’avais jamais envie d’aller plus loin, pas que l’idée me dégoûtait, mais ça ne m’attirait pas j’étais déjà satisfaite. Au début je me suis dis que c’était peut-être la personne, et après je me suis rendue compte que non. C’était pareil avec tous le monde.

⁃ Après avoir passé les préliminaires en gros ?

K: Les préliminaires… ouais ça passe. Et le reste ça passe aussi. Ça peut même être agréable, mais ça ne va jamais me manquer en fait.

⁃ Est-ce que tu ressens le besoin de faire un coming-out ? Est-ce que ton partenaire par exemple est au courant ?

K: Oui personnellement je ressens le besoin de le dire. Surtout parce que la plupart des gens s’attendent à ce que tous le monde aient la même approche du sexe, qu’il y ait la même importance pour tous le monde. Que ce soit une part importante de la vie de couple et de la vie de chacun. Et j’ai juste envie de dire non en fait: ce n’est pas le cas pour tous. Et ça ne rend pas quelqu’un plus bizarre de ne pas avoir ce même intérêt par rapport au sexe quoi.

« Certains asexuels ne veulent absolument pas avoir de rapports sexuels mais ce n’est pas le cas de tous le monde. »

⁃ Est-ce qu’il y a des idées reçues sur vous qui t’agacent ?

K: Vraiment le fait qu’on pense que c’est à cause d’expérience sexuelle ratée, que on est dégoûtés du sexe, pardon mais ça n’a rien à voir. Je n’ai absolument pas de problème avec le sexe, l’activité est cool mais je ne vais jamais aller chercher à faire ça (rires). Certains asexuels ne veulent absolument pas avoir de rapports sexuels mais ce n’est pas le cas de tous le monde.

⁃ J’allais demander si tu veux avoir des enfants, et si oui par quelle voie tu préférerais les avoir. Mais puisque tu n’as pas de problème particulier avec l’idée d’avoir des rapports, j’imagine que la réponse est oui et par voie « naturelle » n’est-ce pas ?

K: Oui j’aimerais en avoir plus tard. Par voie naturelle ce serait bien, mais j’aimerais bien adopter aussi.

⁃ Est-ce que tu te sens privilégiée, dans le sens où pour beaucoup c’est une orientation qui ne « dérange pas » ?

K: Si tu dis privilégiée par rapport à une personne homosexuelle ou bisexuelle, oui. Après bien sûr c’est pas non plus facile d’être asexuelle, mais c’est beaucoup moins compliqué au niveau de la société que d’avoir une orientation qui dérange comme tu dis.

⁃ Est-ce que tu as le sentiment que les personnes asexuelles sont respectées, ou on va dire acceptées, au sein de la communauté LGBT+ ?

K: Ça dépend. Respectées oui, acceptées ça dépend. Y’a des personnes très compréhensives et puis y’en a d’autres. Une fois avec une fille je me suis sentie super agressée: quand je lui ai dis que j’étais asexuelle, elle m’a dit que je ne faisais pas partie de la communauté, que je reste hétéro.

⁃ Est-ce que tu as déjà ressenti de la pression pour avoir un rapport. De la part de la société ou dans tes couples ?

K: Oui, parce que dans la société ça sonne toujours bizarre. Les gens veulent te forcer à accepter que si tu n’as pas cette attraction sexuelle, c’est que tu n’es pas normale, que tu as un problème. Du coup « tu devrais essayer avec quelqu’un, avec qui ça va te plaire et puis tu verras » (Souffle). Et même dans le couple aussi au début. Parce que c’était compliqué à faire comprendre, parce que tu es avec une personne qui elle a des besoin sexuelles, et qui a vraiment envie d’avoir des rapports de façon régulière. Et puis y’a moi qui n’ai pas les mêmes besoins, pas les mêmes envies, c’est compliqué oui, y’a quand même une petite pression. Maintenant ça va mieux. Je pense qu’on s’est mieux compris, et il n’en attend plus autant de moi qu’au début.

« ne laisse pas les gens te dire que tu n’es pas normal »

⁃ Quel conseil tu donnerais à un asexuel en questionnement qui nous lis ?

K: Déjà qu’il sache qu’il n’y a pas de problème avec lui. Parce qu’à un moment c’est ce que moi je pensais. Il faut s’entourer des bonnes personnes. Des personnes qui sont prêtes à t’écouter et te comprendre. Ça ne sert à rien de débattre avec quelqu’un qui va venir t’expliquer que c’est pour le moment, que ça va changer. C’est à toi de te découvrir, à toi de parler. Ce n’est pas aux gens de te dire tu es comme ci ou comme ça. Il faut faire tes expériences toi-même, te découvrir toi-même. C’est toi seul qui sait ce que tu ressens, ne laisse pas les gens te dire que tu n’es pas normal ou que tu ressens mal les choses.

⁃ Super conseil. Merci beaucoup pour cette interview Kelly !

Kelly: merci à toi


J’espère que vous avez appris ou découvert quelque chose aujourd’hui ! Je vous retrouve bientôt pour un nouveau post.

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